SUSPENSION DES ACTIVITES DU CICR PAR KHARTOUM

 

Suspension des activités du CICR, Khartoum multirécidiviste, par SO

 

Intervention chirurgicale par un délégué CICR au Soudan

 

En 2009, le régime soudanais avait retiré les autorisations de 13 ONG majeures* travaillant au Darfour, en réaction à l’émission par la Cour Pénale Internationale d’un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’encontre du président soudanais Omar El Bechir. En 2012, la Commission des affaires humanitaires, organisme gouvernemental soudanais, avait de nouveau expulsé 7 organisations humanitaires de l’est du pays. Egalement, depuis 2011, Khartoum bloque l’accès à l’aide humanitaire dans les régions du Nil Bleu et du Sud-Kordofan, régions tenues par le SPLM-N (Mouvement Populaire de Libération du Soudan – Nord).

 

Cette fois, c’est le CICR (Comité International de la CroixRouge) qui fait les frais de la volonté de Khartoum de limiter le travail des organismes humanitaires internationaux. L’organisation a en effet été contrainte de suspendre ses activités le 1er février. Ou plutôt de suspendre de nouveau ses activités, puisque cela avait déjà été le cas dans les années 1990. Le CICR, se voulant pourtant un intermédiaire neutre, se voit accusé par la Commission des affaires humanitaires de mener certaines activités sans la participation du Croissant Rouge soudanais et donc d’agir hors du cadre de son mandat. Selon la radio Dabanga, Khartoum venait d’imposer de nouvelles conditions au CICR : mettre le budget et les fonds du CICR à la disposition du Croissant Rouge soudanais. Conditions inacceptables précise Ramallah Gureishi du bureau du CICR de Khartoum, qui rappelle que tous les bureaux du CICR dans le monde travaillent de manière indépendante des autorités des pays où elles opèrent. Khartoum prétexte donc des « problèmes techniques ». Des discussions ont été engagées afin de parvenir à un accord.

Le CICR vient en aide à plus d’1,5 million de Soudanais, via des services de santé, d’aide alimentaire, de fournitures semences ou encore d’accès à l’eau potable. Ces populations civiles, déjà vulnérables, se voient donc privées d’une assistance humanitaire qui leur est indispensable. Par sa politique d’entrave à l’aide humanitaire, témoin gênant des exactions perpétrées, le régime soudanais prouve une nouvelle fois qu’il ne se soucie guère de la situation dramatique dans laquelle se trouve une grande partie de la population civile, déjà en proie aux violences et de nouveau prise en otage.

SO

 

 

*Médecins Sans Frontières France et Hollande, Action Contrela Faim, Solidarités, Oxfam, Save the Children UK et US, le Conseil norvégien des réfugiés, Care, IRC, Mercy corps, CHF, et l’entreprise padco. 3 ONG nationales avaient également vu leur licence révoquée.

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