Paris: L’opposition soudanaise unie signe une déclaration en faveur de la paix et de la démocratie

Déclaration de Paris
Pour une union des forces du changement pour mettre fin à la guerre et construire un Etat de citoyenneté et de démocratie
Une délégation du Front Révolutionnaire Soudanais présidé par M. Malik Agar et une délégation du Parti National d’Oumma présidé par M. Sadiq al-Mahdi se sont rencontrées à Paris, entre le six et huit août 2014.
La réunion s’est tenue pour répondre à la volonté de notre peuple et de ses forces actives d’unir les forces du changement, qu’il s’agisse d’organisations politiques ou d’organisations de la société civile, et de mettre un terme à la politique menée par le régime actuel dont le but est de semer la discorde et la méfiance entre les forces du changement et à déchirer le tissu social soudanais. Cette politique est la force principale que le régime actuel utilise pour rester au pouvoir.
La réunion s’est caractérisée par une franchise, une critique constructive des expériences passées et une aspiration vers un avenir éclairé pour notre peuple. Cet avenir ne sera possible que par l’union des forces de l’alternative démocratique et la mobilisation des forces du changement qui mettront fin aux crimes de guerre et assureront la sécurité de nos citoyens, en particulier des personnes déplacées et des réfugiés. Cette union et cette mobilisation mettront fin au ciblage des personnes déplacées et des réfugiés afin qu’ils puissent retourner à leurs régions, arrêterons les guerres, réaliseront une transition démocratique totale, créeront un État de citoyenneté sans discrimination et unirons les forces du changement soudanaises. Lors de cette réunion, les participants se sont centrés sur les questions relatives à l’allégement des souffrances quotidiennes des citoyens, la poursuite de la campagne menée contre la corruption et la restitution de l’argent dérobé au peuple. Les deux parties ont convenu ce qui suit:
Mettre fin à la guerre:
1- Les deux parties ont affirmé leur volonté de maintenir l’unité du Soudan basée sur de nouveaux fondements de justice et d’égalité entre les citoyens.

2- L’arrêt de la guerre est la solution pour instaurer tout dialogue national et tout processus constitutionnel sérieux et garantir les libertés et l’accès aux mécanismes de gouvernance de transition.

3- Du fait de cette crise humanitaire, le Front Révolutionnaire Soudanais a donné toute son importance à cette rencontre historique et se déclare prêt à cesser les hostilités dans toutes les zones de guerre.

4- Les deux parties appellent à un arrêt des hostilités qui pourra être prolongé afin d’assurer la sécurité des citoyens, traiter la crise humanitaire, cesser les bombardements des civils par les avions du gouvernement et restaurer le dialogue et le processus constitutionnel.

5- Les parties convergent sur le principe de la non-impunité, le rétablissement de la justice, la punition des coupables, l’éradication des injustices et la restitution des droits des citoyens.

6- Les deux parties ont convenu de s’adresser à toutes les parties concernées par la question soudanaise tant au niveau régional qu’au niveau international, et notamment le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP), l’Éthiopie, l’Égypte, le Tchad, l’Université des Nations Unies, l’Organisation des Nations Unies et l’Union Européenne pour les informer de cette déclaration et obtenir leur approbation sur leurs conclusions qui sont : l’arrêt de la guerre et la nécessité d’entamer un processus constitutionnel basé sur la confiance du peuple.

7- Les deux parties affirment que le régime est responsable de la violence qui impacte la vie politique, le ciblage des civils, l’élargissement du cercle de la guerre, les crimes de guerre et la séparation du Sud.

8- Le Front Révolutionnaire a confirmé sa volonté de mettre fin à la guerre qu’il s’est vu imposer et entamer une transition démocratique. Le seul obstacle est que le régime tente de gagner du temps et de se réaffirmer en prônant un dialogue vide de sens.

9- Le régime est responsable de la mise en place d’une division ethnique systématique et la provocation de la déchirure du tissu national soudanais. De plus, les deux parties ont confirmé qu’éviter cette division ethnique permettra d’instaurer un État de citoyenneté de réaliser une transition démocratique complète.

10- Les régions touchées par la guerre se trouvent dans une situation particulière, et les deux parties considèrent que la priorité est de traiter la crise humanitaire et se pencher sur les questions primordiales des régions où la guerre sévit, et en particulier les questions de sécurité des citoyens, de déplacement, de l’asile, de territoire, d’indemnisation des personnes victimes individuellement et collectivement de la guerre, la relation avec le Centre, la reconstruction de l’État soudanais et la priorisation des régions touchées par la guerre.
Les libertés et la transformation démocratique
1- Les parties ont discuté de manière profonde d’une des questions fondamentales : la relation entre la religion et l’État, et elles ont convenu de poursuivre le dialogue afin de parvenir à une solution satisfaisante pour toutes les parties.

2- Les opinions des forces politiques d’opposition au Soudan se rejoignent sur l’obligation de garantir les libertés et de créer un climat favorable à tout dialogue national sérieux et à tout processus constitutionnel. Ainsi, les deux parties appellent à la libération immédiate de tous les détenus, les prisonniers politiques et les journalistes, et en priorité le Président du parti du Congrès soudanais M. Ibrahim CHEIKH, et à l’échange des prisonniers entre le Front Révolutionnaire et le gouvernement du Soudan.

3- Les élections : les deux parties ont convenu de ne participer à aucune élection générale prochaine, sauf dans le cadre d’un gouvernement de transition qui mettrait fin à la guerre, assurerait les libertés et aurait recours à l’unanimité nationale et à un dialogue global qui n’exclut personne.
Unir les forces de changement
1- Les deux parties reconnaissent consciemment que la réalisation des objectifs de cette déclaration ne pourrait être possible qu’à travers l’union des forces de changement, et par conséquent elles présentent la déclaration de Paris à toutes les forces politiques et les organisations de la société civile. Cette déclaration est établie dans le cadre de nos efforts conjoints avec ces forces afin d’aboutir au changement et à l’union de ces forces.

2- Les organisations destinées aux femmes, aux jeunes et aux étudiants doivent fondamentalement participer aux programmes de changement et unir leurs forces. Les deux parties doivent donc se rapprocher de ces organisations afin d’assurer leur participation dans la vie politique future.

3- Aborder les questions fondamentales et en premier lieu les questions des barrages, des licenciés, et des projets nationaux auxquels il faudra accorder une attention convenable dans le cadre de l’union des forces du changement.

4- Les deux parties conviennent sur le fait qu’il n’existe aucune contradiction entre le désir de notre peuple d’aboutir à une solution pacifique globale dans le cadre d’un processus constitutionnel qui mettra fin à la guerre, la réalisation de la transition démocratique, et le choix de l’insurrection pacifique sur la base de leur expérience. Il faudra aussi agir pour parvenir à une solution pacifique qui sera le meilleur des choix et poursuivre le chemin de l’insurrection tant que le régime refuse la solution pacifique globale.
La guerre dans l’État du Soudan du Sud
Le Soudan du Sud est proche de Soudan et des soudanais hier, aujourd’hui et demain, et les deux parties affirment leur soutien aux efforts régionaux et internationaux pour parvenir à une paix durable, à la réconciliation et la stabilité du Soudan du Sud. De même, les parties ont convenu de s’adresser aux parties de la crise dans le Sud du Soudan et de les inciter à mettre fin à la guerre dès que possible, et elles ont souligné l’aspiration du peuple soudanais à une union entre les deux pays indépendants.
Les régions voisines et la communauté internationale
Les parties ont convenu que le Soudan ne devrait pas être une arène pour régler des comptes au niveau régional et international. Il doit normaliser complètement ses relations avec ses pays voisins d’Afrique et du monde arabe et s’abstenir de déstabiliser ses pays voisins, en particulier les plus proches géographiquement, mais aussi soutenir la coopération et la stabilité mondiales. Les deux parties ont convenu de s’adresser aux pays voisins régionaux et à la communauté internationale et de contribuer à trouver une équation permettant au Soudan de normaliser ses relations avec ses voisins et avec la communauté internationale dans son ensemble.
En conclusion, les parties ont convenu de poursuivre le dialogue; de visiter les camps de personnes déplacées et des réfugiés, de présenter la Déclaration de Paris à la communauté soudanaise, régionale et internationale, de prendre des mesures extérieures afin de présenter la déclaration et arrêter la guerre, parvenir à la transition démocratique et mettre en place un nouveau régime qui réponde à la demande du changement du peuple soudanais.
Le Front Révolutionnaire Soudanais Le Parti National d’Oumma
M. Malik Agar M. Sadiq al-Mahdi

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