Un ministre français a côtoyé El-Béchir : Jacky Mamou écrit à Alain Juppé

Jacky Mamou écrit au Quai d'Orsay

Paris, le 11 mai 2011.

Monsieur le Ministre,

J’ai découvert avec stupeur que le ministre de la Coopération, M. Henri de Raincourt, représentait la France aux cérémonies d’investiture du président de Djibouti le 8 mai dernier et s’est de ce fait trouvé en présence du président soudanais, Omar El Béchir, contre lequel un mandat d’arrêt a été émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.

Cette situation constitue vraiment un mauvais signal donné par notre pays en matière de lutte contre l’impunité. De plus l’influence française auprès de Djibouti aurait pu incliner ce pays à ne pas inviter le président soudanais. D’autant que Djibouti est partie prenante de la Cour pénale internationale. Notre représentation dans ces conditions apparaît dès lors comme une complaisance envers la violations des engagements internationaux pris en faveur de la justice et des droits de l’homme.

Alors qu’en Libye la France agit au nom de la communauté internationale et affirme lutter pour l’état de droit, cette présence aux côtés du bourreau du Darfour, recherché par la justice internationale mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU, trahit une incohérence que je déplore au regard des principes ayant motivé l’intervention en faveur des populations libyennes.

Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

Dr. Jacky Mamou,
Président du Collectif Urgence Darfour.

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