Meriam – Réponse de F. Hollande

En réaction à un courrier du CUD, demandant à la France de s’exprimer publiquement sur le cas de Meriam, la chef de cabinet du président de la République François Hollande nous répond.

Paris, le 18 juin 2014,

Monsieur le Président,

Dans votre courrier du 22 mai 2014, vous avez bien voulu attier mon attention sur la situation de Madame Meriam Ibrahim, condamnée à recevoir cent coups de fouet et à la peine capitale pour apostasie et adultère.

L’épreuve qu’affronte cette jeune femme suscite une très vive émotion en France comme au sein de la communauté internationale au Soudan même.

Avec l’ensemble des représentations diplomatiques européennes présentes à Khartoum, l’ambassade de France au Soudan a rencontré les avocats de la défense dès le 13 mai et a rappelé publiquement l’obligation du Soudan de respecter la liberté religieuse. Comme vous le mentionnez, le lendemain du verdict, la France a condamné ouvertement cette décision de la justice soudanaise, en rappelant notamment les engagements internationaux du Soudan en matière de liberté de conscience.

De nouveau, le 19 mai, les ambassades européennes ont réitéré collectivement leur désapprobation de ce verdict, et ont exprimé, le 28 mai, leur préoccupation vis-à-vis des récentes mesures du gouvernement soudanais restreignant les libertés publiques, y compris la liberté de religion. L’Union européenne a par ailleurs convoqué, le 23 mai, l’ambassadeur du Soudan à Bruxelles pour lui exprimer sa condamnation du verdict imposé à Madame Ibrahim.

Vous avez souligné que la condamnation à mort de Madame Ibrahim en première instance ne clôt pas la procédure, qui se poursuit désormais en appel. Dans ce contexte, la priorité immédiate est d’améliorer les conditions de détention de Madame Ibrahim dans l’attente du réexamen de ce verdict par la justice soudanaise.

Le ministère des affaires étrangères et du développement international se réserve la possibilité de conduire ultérieurement de nouvelles démarches, en fonction de la suite des événements, afin de permettre la libération de Madame Ibrahim et de ses deux enfants.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération distinguée.

Isabelle SIMA

 

 

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