Les populations civiles sont les premières victimes au Nil Bleu et au Sud-Kordofan.

Enfants noubas dans une grotte pour se protéger des bombardements

Le Dr Jacky Mamou explique après son voyage dans la région, la situation dans les camps de réfugiés du Sud Soudan :

Le plus grand camp de réfugiés est celui de Yida au Sud-Soudan. Il est situé à 16kms de la frontière et a déjà été bombardé. Avec la saison des pluies beaucoup d’enfants ont perdu la vie du fait de la malnutrition qui les fragilise face aux infections comme les gastro-entérites, les pneumonies ou la paludisme.

La situation

Depuis le mois de juin 2011, l’armée de Khartoum mène une campagne militaire féroce contre les rebelles du Mouvement de libération du peuple du Soudan-Nord dans les Etats du Nil Bleu et du Sud-Kordofan. L’aviation bombarde les villages mais aussi les récoltes pour affamer et terroriser les populations de la région.

Les civils fuient la violence mais aussi partent en quête de nourriture et d’eau potable. Beaucoup se sont cachés dans des grottes où ils s’alimentent uniquement de feuilles et de racines. Le gouvernement soudanais bloque tout accès humanitaire aux zones contrôlées par le SPLM-Nord, alors que des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU demandaient instamment de laisser les secours se déployer. Pourtant un accord a même été adopté par l’ONU, la Ligue arabe et l’Union Africaine pour garantir la neutralité et le monitorage de l’aide humanitaire.

Dans ces conditions les gens préfèrent fuir. Ils marchent des semaines, sous les bombardements des Antonovs de Khartoum. Beaucoup sont morts d’épuisement ou de maladies surtout les plus vulnérables comme les enfants de moins de 5 ans.

Ils sont maintenant 40 000 à s’être réfugiés en Ethiopie et 170 000 au Sud-Soudan voisins où ils survivent dans des camps.

 

Le camp de Yida

Population dans le camp Yida autour d'un point eau

Population dans le camp Yida autour d’un point eau
Copyright Marc Roussel

Le plus grand camp de réfugiés est celui de Yida au Sud-Soudan. Il est situé à 16kms de la frontière et a déjà été bombardé. Avec la saison des pluies beaucoup d’enfants ont perdu la vie du fait de la malnutrition qui les fragilise face aux infections comme les gastro-entérites, les pneumonies ou le paludisme.

Les populations sont originaires des Monts Noubas situés au Sud-Kordofan. Ils dépendent de l’aide humanitaire fournie par les ONG. Mais de nouveaux arrivants surviennent à Yida et dans les autres camps. Les réserves faites par les paysans s’épuisent et des arrivées massives peuvent survenir prochainement.

Les gens s’abritent sous des cabanes de bois et de feuillages ou des bâches de plastique. Quelques uns qui se sont installés depuis longtemps ont réussi à reconstituer des huttes avec des murs de torchis et des toits de chaume. Ils savent qu’ils ne sont pas près de rentrer chez eux.

Les humanitaires ont installé des points d’eau mais en nombre encore insuffisant. Les récipients ou les jerricanes utilisés pour transporter l’eau sont souvent sales, ce qui véhicule des maladies infectieuses graves comme l’hépatite E, cause de nombreux décès.

Quand ils sont enregistrés auprès du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), l’agence spécialisée des Nations-Unies, ils peuvent bénéficier de rations alimentaires.

Les habitants de Yida sont essentiellement des femmes et des enfants.

Les jeunes et les enfants ne bénéficient pas d’éducation. Quelques maîtres volontaires essaient de dispenser des cours, mais il n’y a pas d’écoles, ni matériel scolaire. Après les problèmes de santé, l’éducation est la principale préoccupation des réfugiés.

 

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