Le CUD écrit à l’ambassadeur d’Egypte

Le Collectif Urgence Darfour a adressé une lettre à l’Ambassadeur d’Egypte le 1er juin dernier, à propos du sort réservé aux réfugiés darfouris dans ce pays. Prochainement une missive sera envoyée à l’Ambassadeur d’Israël sur le même sujet.

Monsieur l’Ambassadeur,

Nous sommes très inquiets de la situation des réfugiés soudanais dans les prisons égyptiennes. Les informations que nous avons font état de graves violations des droits humains.

Nous vous avions écrit en janvier 2006 pour avoir des réponses sur le sort de demandeurs d’asiles soudanais dispersés avec violence en face des bureaux de l’UNHCR au Caire, dans la nuit du jeudi 5 janvier 2006. Le bilan d’Amnesty faisait état de 265 morts. Nombreux des survivants, dont des enfants, avaient été conduits en prison.

Nos lettres étaient restées sans réponse et il y a tout lieu de croire que certains d’entre eux sont toujours incarcérés. Nous vous demandons ce qu’il est advenu de ces personnes injustement arrêtés.

Aujourd’hui le Président de Sudan Center for Contemporary Research and Development, Moniem Suleiman, avec lequel nous étions en contact, a été arrêté le 6 mai, après avoir été convoqué par la police. Son état de santé est extrêmement inquiétant.

Par ailleurs, certains réfugiés soudanais sont détenus sans procès depuis des années.

La règle qui leur est appliquée n’est pas la présomption d’innocence mais la présomption de culpabilité, les conditions de détention sont mauvaises, leurs droits bafoués, en violation de la Convention Internationale sur les réfugiés, dont l’Egypte est signataire.

Deux détenus sont morts en prison.

Le 20 mai, le Sudan Center for Contemporary Research and Development a organisé une manifestation devant le siège du HCR au Caire, en solidarité avec les réfugiés soudanais (Darfouris pour la plupart) détenus.

Nous vous rappelons que le Darfour est toujours en guerre. Nous vous demandons instamment de ne pas renvoyer au Soudan ceux qui sont recherchées par les forces de sécurité.

Nous pensons qu’il est impossible de régler avec des méthodes violentes la situation d’une population réfugiée.

Nous espérons que vous ferez votre possible pour permettre la libération de ces réfugiés et faciliter l’accès aux soins pour ceux dont la santé est dans un état grave.

Nous vous remercions d’avoir bien voulu nous lire et nous souhaiterions obtenir une entrevue avec vous .

Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part nous vous prions de croire, Monsieur l’Ambassadeur, à l’assurance de toute notre considération.

 

Dr Jacky Mamou
Président du Collectif Urgence Darfour

 

 

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