HÔPITAUX BOMBARDÉS, LES RÉACTIONS A GÉOGRAPHIE VARIABLE DE L‘ONU

L’aviation américaine a bombardé l’hôpital de Kunduz, dans l’est de l’Afghanistan, tenu par MSF, le 3 octobre dernier. L’armée américaine a reconnu les faits, présenté ses excuses et le président Obama a présenté ses condoléances aux victimes, 12 membres du personnel médical et 12 patients. Sans parler des 37 blessés. MSF demande une enquête internationale indépendante pour élucider les circonstances de cette tragédie.
Ce n’est pas la première fois que des hôpitaux dûment connus des partis en guerre soient ciblés. Indiscutablement il s’agit, si l’on se réfère aux Conventions de Genève, d’un crime de guerre.
Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, le Prince jordanien Zeid Ra’ad Hassen a naturellement protesté. Il a déclaré que cet incident « était tragique, inexcusable et possiblement criminel ». Le diplomate a ajouté qu’il était favorable à une investigation indépendante sur cette frappe aérienne, rejoignant la demande formulée par l’ONG.
Oui mais voilà ce qui gêne dans ce bel élan du diplomate, c’est que lorsque l’hôpital de MSF dans les Monts Noubas au Soudan avait été ostensiblement touché par l’aviation gouvernementale, il n’y avait pas eu de réaction de ce côté. Pas plus que lorsque les bombes ont fondu du ciel sur l’hôpital Mother of Mercy dans la même région en janvier l’année dernière et encore en janvier 2015. Comme-ci le but de ces frappes aériennes était d’éradiquer dans cette région du Soudan toute possibilité de soins pour les populations et vider ces territoires.
Le Commissaire des droits de l’homme n’a pas pipé mot. Ces attaques n’étaient sans doutes « ni tragiques ni excusables, ni possiblement criminelles ».
L’aide humanitaire est vitale pour secourir autant que possible les populations civiles en temps de guerre. Son action est codifiée par le Droit international humanitaire reconnu par l’écrasante majorité des Etats de la planète. Il est la règle.
Dès lors faire de l’humanitaire un instrument de propagande ou de l’utiliser à géographie variable est une lourde faute éthique et morale. C’est ce que fait malheureusement le responsable des droits de l’homme de l’ONU. Omar el Béchir, le président soudanais, recherché par la Cour Pénale Internationale pour crimes contre l’humanité et génocide, peut être tranquille, ce n’est pas le Commissariat aux droits de l’homme qui va lui chercher querelle.

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