ET LE CANDIDAT AUX PRESIDENTIELLES EST…OMAR EL BECHIIIIIIR ! par Christiane Mérelle

Divine surprise. Non on s’y attendait vraiment pas.
Omar el Béchir au pouvoir depuis 1989- vous savez l’année de la chute du Mur de Berlin- se porte candidat pour succéder à Omar el Béchir.
Répondant, n’en doutons pas, à une formidable vague d’adhésion dans tout le Soudan, surtout au Darfour, au Nil  Bleu, au Sud-Kordofan, chez les étudiants de Khartoum, les travailleurs de Port-Soudan, sans oublier les Bejas à l’est du pays, Béchir se sacrifie une nouvelle fois pour son pays. Les journalistes, enfin ceux qui ne sont pas en prison ou dont le journal n’est pas fermé, s’extasient. L’actuel Maréchal-Président se porte volontaire donc à un nouveau mandat. C’est vrai que dans sa posture de pacificateur dans la guerre civile au Sud-Soudan, il pourrait aussi ambitionner un Prix Nobel de la Paix.
Il faut se rendre à l »évidence: on ne voit pas trop d’autres rivaux se pointer. La présidence du Soudan c’est une charge exposée: la Cour Pénale Internationale se mêle de tout, même des crimes contre l’Humanité. Le quotidien peut s’avérer monotone: bombarder, arrêter, torturer, former des terroristes, faire du trafic d’armes…En plus les voyages à l’étranger sont limités sous peine de gros ennuis. Pas possible de faire du shopping tranquille à New-York, ni  de visiter un musée à Londres … Et puis on ne sait jamais, malgré les promesses, un éventuel successeur pourrait accepter un troc quelconque, un petit tour à La Haye pour un Béchir à la retraite contre une normalisation avec l’Occident.Non , on n’est jamais trop prudent.
La Maison Blanche n’a visiblement pas compris  les méthodes du régime soudanais pour l’instaurer un « dialogue national ». Il est vrai que l’aviation pilonne partout les populations civiles, que l’aide humanitaire est harcelée au Darfour, interdite au Sud-Kordofan et au Nil Bleu et que le principal opposant traditionnel fait des allers-retours en prison. Mais, Barack Obama au lieu d’interpréter ces gestes comme des preuves de la sollicitude de Béchir envers les peuples du Soudan, vient de reconduire les sanctions contre Khartoum: ni commerce,ni crédits pour la 17ème année consécutive. Il faut absolument en informer la BNP et quelques autres banques, des fois qu’elles n’auraient pas intégré l’information …
Ibrahim Ghandour, le conseiller du président Béchir, a cependant indiqué qu’il est possible que les élections prévues pour 2015, soient reportées …si le « dialogue national » ne porte pas ses fruits.
Le suspense est insoutenable.

Christiane Mérelle

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