Compte-rendu de la rencontre du 9 avril 2011

Rencontre du 9 avril 2011 de la Cour Pénale Internationale avec la diaspora darfourie, organisée par le Barreau des avocats de Paris et le Collectif Urgence Darfour, avec le soutien de l’Association des communautés darfouries de France.

La salle était pleine, impressionnante par la présence massive des darfouris, venus de plusieurs villes de province et d’Ile de France. La présidence de la séance est assurée par Maître Vincent Nioré et Juan Branco du bureau de Paris de la CPI.

Le Vice-Bâtonnier Maître Jean-Yves Le Borgne ouvre la séance dans un discours d’une grande éloquence où il souligne l’importance fondamentale de l’émergence de la Justice internationale. Plus jamais les dictateurs ne pourront martyriser impunément leurs populations. Le Vice-Bâtonnier a réitéré son soutien à l’action de la CPI .

Puis François Zimeray, l’Ambassadeur de France pour les droits de l’homme a présenté l’action de la France vis-à-vis du Soudan, revenant sur l’engagement de l’Eurofor au Tchad pour protéger réfugiés darfouris et déplacés tchadiens. François Zimeray a évoqué la progression au sein de la communauté internationale de la « responsabilité de protéger », issue du droit d’ingérence. Il a souligné l’augmentation régulière de la contribution financière française à la CPI.

Le Dr Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour, a salué la délivrance d’un mandat d’arrêt international par la CPI, pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité puis de crimes de génocide à l’encontre président soudanais El Bechir. L’évidence non pas d’une guerre civile mais d’une véritable guerre contre les civils était alors avérée. Enfin Jacky Mamou a donné acte à la politique française de faire des efforts, mais a indiqué qu’elle peut faire beaucoup plus, notamment en matière de sanctions contre le Soudan. Il a d’autre part regretté que la protection des populations darfouries ne se soit pas manifestée avec la même détermination que celle des civils libyens.

Le secrétaire de l’association des communautés darfouries de France a pris la parole pour saluer la réunion.

Puis Mme Diala Chehade du service d’information de la CPI auprès du public a fait une communication sur le mode de fonctionnement de la CPI.

Enfin M. Amady Ba, chef de la coopération au bureau du Procureur de la CPI a rappelé les mécanismes judicaires mobilisés par la Cour, la saisine par le Conseil de sécurité de l’ONU dans le cas du Darfour. Les autres points saillants de son discours ont été les suivants:

– Darfour IV est une nouvelle instruction par le Procureur et porte principalement sur l’obstruction continue d’Omar el Bechir et de son régime au déploiement de l’aide humanitaire, sur les attaques contre les camps de déplacés et les violences récurrentes qui sont infligées aux populations civiles du Darfour.

– Pressions constantes de la CPI sur les pays susceptibles d’accueillir le président Bechir avec des résultats encourageants.

– Coopérations fructueuses avec des pays pourtant « diplomatiquement » hostiles à la CPI.

– Espoir de voir prochainement le Sud-Soudan être partie prenante de la CPI dès son indépendance officiellement proclamée.

– Encouragements à la mobilisation des sociétés civiles pour que les Etats appliquent et font appliquer les mandats d’arrêt internationaux de la CPI.

La dernière partie de la réunion a donné la parole à la salle. La discussion très passionnée et parfois confuse a mis en évidence l’amertume des darfouris à propos du « double standard » de la communauté internationale : en Lybie, exclusion aérienne et intervention des avions de l’OTAN sous mandat de l’ONU tandis qu’au Darfour exactions et bombardements continuent alors que les casques bleus sont impuissants. Des ressentiments de certains membres de l’auditoire aussi ont été exprimés quant aux difficultés du droit d’asile, des problèmes de logement et des difficultés économiques.

Au final, cette rencontre a permis de rappeler au public français, en présence de représentants de la presse, la permanence des exactions endurées par les populations du Darfour. La CPI continue inexorablement à instruire les crimes de Bechir et de son gouvernement. Les participants darfouris en ont été convaincus, mais ont rappelé l’urgence pour la communauté internationale « d’exercer la responsabilité de protéger » au Darfour aussi.

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