Béchir veut une nouvelle guerre avec le Sud-Soudan !, par Christiane Merelle

L ‘aviation de Khartoum a bombardé hier des camps de réfugiés noubas au Sud-Soudan

Seuls les naïfs pouvaient penser que Béchir et son équipe allaient éviter de relancer le conflit avec les Sudistes. Le gouvernement de Khartoum n’a eu de cesse d’instrumentaliser les  conflits intérieurs, notamment les rivalités personnelles et les concurrences ethniques dans le nouvel Etat.

Les dirigeants nord-soudanais  ont violé l’engagement pris solennellement, lors de la signature du CPA, de consulter les habitants du Sud-Kordofan et du Nil Bleu pour savoir s’ils désiraient se rattacher au Sud. Des partisans du SPLA sudiste avaient été nombreux dans cette région pour s’opposer à la politique prédatrice (il y a du pétrole dans le sous-sol) et raciste (beaucoup sont Noirs africains, chrétiens ou animistes) de la dictature islamiste soudanaise.  Nous ne saurons jamais l’avis de ces citoyens de ces régions, qui ont le malheur d’être limitrophes avec le Sud, mais restés dans le Nord.

Alors c’est la guerre et le nettoyage ethnique ! En quelques mois le même scénario qu’au Darfour s’est reproduit : crimes de masses et déplacements forcés de populations. Qui  seconde Béchir dans cette sale besogne ? Ahmed Haroun, l’homme qui a recruté, armé et coordonné les sinistres milices Janjawids  qui ont fait des centaines de milliers de morts  et déplacé prés de 3 millions de personnes. Il est recherché par la Cour Pénale Internationale (CPI). Béchir l’a envoyé dans le Sud-Kordofan où à la suite d’élections très contestées , il a accaparé la place de gouverneur.

Les Noubas, les plus nombreux dans ces régions, qui avaient déjà subi les violences inouïes pendant de nombreuses années sont de nouveau exposés aux bombardements, aux exactions des milices avec leurs cortèges d’exécutions  extrajudiciaires, viols, villages détruits et fuite éperdue vers les frontières.

Est-ce que Béchir en aurait alors fini ? Détrompez-vous ! Son aviation bombarde maintenant  des camps de réfugiés noubas. Terroriser ! Ecraser toute velléité de contestation voilà comment il entend résoudre les problèmes de son pays. Mais fondamentalement la fuite en avant vers une nouvelle guerre est le meilleur moyen d’assurer sa survie politique et sa survie tout court. Béchir a tout raté :

– il a perdu une grande partie de son territoire avec le départ du Sud, mais aussi 80% de ses ressources pétrolières du Nord-Soudan.

– il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de génocide commis au Darfour sous ses ordres.

– il est incapable d’affronter les difficultés économiques du Soudan, son plan d’austérité est contesté et la renégociation de la dette du pays s’avère difficile

Cet homme veut la guerre pour survivre. Il faut l’arrêter !

Christiane Merelle.

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