70 jours au Soudan : le récit glaçant d’un journaliste

70 jours au Soudan : le récit glaçant d’un journaliste britannique emprisonné et torturé dans le Darfour

Enchaîné en plein soleil, frappé, électrocuté : dans un rare témoignage publié par le journal britannique The Guardian, le journaliste Phil Cox revient sur son enlèvement au Soudan et son incarcération à la prison de Kobar. En décembre dernier, lui et son interprète Daoud Hari avaient été arrêtés alors qu’ils entamaient une enquête sur de présumées attaques à l’arme chimique dans le Darfour. Libérés en février dernier, les conditions de leur détention n’avaient pas été détaillées jusqu’alors.

Les forces de sécurité soudanaises ont-elles fait usage d’armes chimiques contre des civils ? C’est pour enquêter sur cette hypothèse, avancée par Amnesty International, que Phil Cox, un journaliste travaillant pour la chaîne britannique Channel 4, et son collaborateur Daoud Hari ont pris la route, en décembre dernier, du Darfour. Une région inaccessible aux journalistes depuis plusieurs années.

Mais pendant leur séjour, les forces de sécurité soudanaises les empêchent de mener à bien leur enquête et ils sont arrêtés, puis incarcérés. Dans un récit cauchemardesque, publié le mercredi 5 avril sur le site du Guardian, Phil Cox revient sur son enlèvement, assurant que Daoud Hari et lui-même ont subi de nombreux actes de torture, notamment pendant lors de leur passage à la prison de Kobar, à Karthoum.

Arrêtés par une unité de l’armée soudanaise

Après être entrés au Tchad voisin en novembre 2016, les deux hommes traversent illégalement la frontière soudanaise et prennent la route de la région du Darfour en voiture, bénéficiant notamment de l’appui de l’Armée de Libération soudanaise (SLA) et d’un mystérieux agent double, surnommé « Grey Wolf ». Selon Phil Cox, ce dernier leur apprend qu’ils sont activement recherchés par les forces de sécurité soudanaises et que leurs têtes ont été mises à prix.

Malgré tout, le 22 décembre, après avoir contacté leurs intermédiaires dans les montagnes de Djebel Marra, où auraient eu lieu selon Amnesty International des attaques à l’arme chimique, les deux journalistes décident de poursuivre leur voyage. Le soir même, ils sont arrêtés par des membres des Forces d’appui rapide, une unité de l’armée soudanaise accusée de très graves violations des droits humains.

Des actes de torture par électrocutions 

Phil Cox raconte alors avoir été emmené en voiture, mains liées et yeux bandés, vers une destination inconnue. Placé à l’arrière du véhicule, Daoud Hari avait déjà été sévèrement frappé. D’après le témoignage du journaliste britannique, ils se retrouvent ensuite enchaînés en plein désert, sans pouvoir contacter leur équipe à Londres ou leur famille. « On a supplié nos ravisseurs de nous placer à l’ombre, ils nous ont ignorés » se rappelle Phil Cox, qui confie avoir développé à ce moment-là une forte fièvre l’empêchant d’avaler quoique ce soit.

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