Intervention de la France à l’ONU : la justice doit être rendue et les responsabilités établies

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(mises en gras par le site collectifurgencedarfour.com)

CPI/Soudan – Intervention de M. Alexis Lamek, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies – Conseil de sécurité – 9 juin 2016

Je tiens à remercier la Procureur de son rapport et de sa présentation devant ce Conseil.

Cela a été dit, cela fait maintenant 11 ans que le Conseil de sécurité adoptait la résolution 1593. Cette décision avait un objectif clair : prévenir de nouvelles atrocités par la lutte contre l’impunité, et ainsi promouvoir, la réconciliation et la stabilité, qui sont des conditions du développement.

1/ Cet objectif de lutte contre l’impunité reste aujourd’hui non seulement entièrement valide, mais pleinement nécessaire.

Comme le souligne la Procureur dans son rapport, la situation au Darfour reste marquée par la poursuite des violences. Les bombardements aériens menés par le gouvernement du Soudan se sont intensifiés depuis le début de l’année, touchant de manière indiscriminée et de manière disproportionnée les populations civiles. Les attaques contre les civils se poursuivent donc et sont toujours intolérables.

Il en va de même des violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Les femmes sont toujours la cible de violences sexuelles absolument inacceptables. Les agressions, le harcèlement contre la MINUAD et les acteurs humanitaires, ainsi que les obstacles qui sont mis à leurs déplacements, empêchent ces organismes de mener à bien leur mission de protection des civils et d’aide aux populations les plus vulnérables.

Dans ce contexte, plus que jamais, la justice doit être rendue et les responsabilités établies afin de prévenir et de dissuader de tels agissements. L’impunité des crimes passés et ce qu’elle signifie pour la possible commission de crimes futurs sont inacceptables.

2/ C’est pourquoi la France déplore que les mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale demeurent inexécutés.

Un tel refus de voir la responsabilité des individus poursuivis examinée ne peut que nourrir le cycle de la violence au Darfour.

Le massacre des enfants de Heiban

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Faisons en sorte qu’ils soient les dernières victimes des bombardements du gouvernement soudanais !

Appel du 11 mai 2016, que le Collectif Urgence Darfour soutient.

(Traduction : Huguette Chomski Magnis)

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Nous soussignés, citoyens, personnalités, organisation de la société civile, mouvements politiques, sommes horrifiés par le spectacle des corps mutilés des enfants de la localité de Heiban , au Sud Kordofan/ Monts Nouba.

Ils ont été tués le 1er mai 2016 par un bombardement aérien commis par le gouvernement du Soudan. Les photos des six enfants massacrés ( dont trois d’une même famille) ont été largement diffusées. Il s’agit de :
Kuku Dawli, 4 ans
Youssif Yakgoub, 4 ans
Jehan Abdelrahman Ibrahim, 5 ans
Hafiz Mahmoud, 10 ans
Ibrahim Abdelrahman Ibrahim, 10 ans
Nidal Abdelrahman Ibrahim, 12 ans

Ces images entacheront notre conscience pendant longtemps. Elles feront honte à l’humanité tant que le gouvernement soudanais pourra utiliser son arsenal aérien, ,y compris en larguant des barils de bombes et des bombes à fragmentation, contre des populations civiles : enfants, femmes et vieillards.

Nous voulons que le meurtre des enfants de Heiban soit reconnu pour ce qu’il est : un crime gravissime qui doit rester dans l’histoire du Soudan comme l’illustration de l’atrocité et du racisme des guerres menées contre les citoyens soudanais. par les forces gouvernementales soudanaises et par ses milices. Le massacre de Heiban perpétue indiscutablement les crimes contre l’humanité et le nettoyage ethnique subis depuis 13 ans par le Darfour et depuis 5 ans par le Nil Bleu et le Sud Kordofan/Monts Nouba. Ceci sans aucune volonté du gouvernement de parvenir à une paix juste, à la réconciliation nationale, ni de mettre un terme à l’impunité des auteurs de ces crimes et de rendre justice aux survivants.

Par cet appel, nous voulons construire un réseau national de résistance qui se dresse pour condamner le meurtre des enfants de Heiban et tous les autres massacres.
Faire entendre notre voix est d’autant plus urgent qu’un black out médiatique est observé, le gouvernement faisant pression et exerçant sa censure sur l’opinion soudanaise. Celle-ci est-elle appelée à se mobiliser plus pour les victimes de guerre en Palestine, en Syrie et en Irak que pour les enfants de Heiban et les victimes des autres zones de guerre du Soudan.

Jusqu’ici les condamnations ont été impuissantes à faire cesser les crimes du gouvernement soudanais. On peut citer le massacre des jeunes Beja à Port Soudan en janvier 2005, le meurtre des citoyens qui s’opposaient à la construction des barrages de Kajbar en juin 2007, le meurtre des protestataire pendant le soulèvement de septembre 2013, le viol des femmes de Tabet au Darfour en octobre 2014.

Nous ne nous contenterons pas d’ajouter le massacre de Heiban à la terrible liste des autres crimes majeurs commis par les forces soudanaises et leurs milices.

Nous voulons œuvrer à ce que justice soit rendue et qu’il soit mis un terme à l’impunité.

Enfin, nous soussignés appelons au réveil de la conscience nationale soudanaise.
Nous appelons individus et organisations à se rassembler pour riposter à ce crime par une campagne unitaire.

Nous demandons aux acteurs régionaux et internationaux, à l’Union Africaine et aux Nations Unies d’exercer assez de pression sur le gouvernement soudanais pour faire cesser ses violences afin que Heiban soit le dernier bombardement aérien soudanais dirigé contre les civils.

Ce n’est qu’ainsi que pourront prendre fin les guerres toujours en cours au Soudan et qu’une paix globale, juste et durable deviendra possible.

Expulsion d’un responsable l’ONU au Darfour

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Soudan:«el-Béchir ne veut pas avoir de témoins au Darfour», selon Aïcha El Basri

Le permis de séjour de Ivo Freijsen, chef du Bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) au Soudan, ne sera pas renouvelé. Ce n’est pas la première expulsion d’humanitaires. Quels sont les enjeux de ce bras de fer ? L’ancienne porte-parole de la Minuad, la force conjointe ONU-UA, Aïcha El Basri, qui a été en poste au Soudan d’août 2012 à avril 2013, est l’invitée de RFI. Aïcha El Basri a démissionné des Nations unies pour dénoncer les défaillances onusiennes au Darfour et le silence de la Minuad sur les crimes commis au Darfour.

RFI : Le Soudan n’a pas renouvelé le permis de séjour du chef du bureau d’OCHA, Ivo Freijsen, qui était à la tête de ce bureau depuis février 2014. Ce permis expire le 6 juin. Y voyez-vous une expulsion de facto ?

Aïcha El Basri : Oui, c’est une expulsion de facto, étant donné que cette expulsion s’inscrit dans une série de renvois et d’expulsions de personnel humanitaire de façon générale et du personnel des Nations unies en particulier. Comme nous le savons, avant monsieur Ivo Freijsen il y avait deux hautes personnalités des Nations unies : monsieur Ali Zaatari, ainsi que la chef du PNUD au Soudan, qui ont été excusés il y a à peu près deux ans. Et cela, bien sûr, a eu des remous dans les milieux onusiens, sans pour autant arriver à faire changer Khartoum de position et d’avis. Donc c’est une expulsion qui répond aux besoins du gouvernement d’el-Béchir de renvoyer le personnel humanitaire des Nations unies, mais aussi des ONG travaillant au Darfour. En fait ce qu’ils veulent, c’est ne pas avoir de témoin sur le terrain et surtout ne pas avoir d’organisme capable d’organiser une aide humanitaire à la population du Darfour en particulier, que le gouvernement est en train d’exterminer en ce qui concerne les tribus non-arabes : Zaghawa et Four.

Ivo Freijsen est le quatrième haut responsable onusien expulsé du Soudan depuis ces deux dernières années.

Ce qui ne m’étonne pas du tout parce que lorsque je travaillais au Darfour on savait très bien que le gouvernement ne voulait pas avoir de personnel humanitaire capable d’aider les populations en danger. Le personnel humanitaire a beaucoup souffert, et ce depuis 2009.

La commission soudanaise pour l’aide alimentaire affirme que la période de travail de monsieur Freijsen a été caractérisée par « des tensions dans les relations à cause des attitudes négatives illustrées par le manque d’exactitude et d’objectivité dans la façon de gérer les questions humanitaires au Soudan ». La commission évoque « la faible coordination avec le gouvernement et le ministre soudanais des Affaires étrangères vient de l’accuser d’avoir rédigé des rapports erronés ».

C’est le genre de propos que j’ai entendus plusieurs fois et à plusieurs occasions. Il faut bien qu’ils justifient des actions injustifiables. Donc tout ce qu’ils prétendent n’a pas de sens. Parce que ce haut personnel d’OCHA est au Soudan depuis je crois plus de dix ans. Il travaille en coordination avec le gouvernement depuis tant d’années, je ne vois pas pourquoi il ferait d’erreur ces temps-ci. Il faut placer ce dernier acte d’expulsion de la part du gouvernement de Khartoum dans le contexte général d’une tendance à empirer en fait la situation sécuritaire au Soudan. Ce que le gouvernement est en train de faire, il veut liquider la présence des Nations unies. Il l’a dit et redit. Il l’a répété. Il ne voulait pas de présence internationale et surtout de présence onusienne au Soudan et au Darfour en particulier. Donc il va saisir n’importe quel prétexte pour agir de telle façon.

C’est un vaste bras de fer avec la communauté internationale pourtant Omar el-Béchir est toujours là.

Parce qu’il jouit d’une impunité sans précédent, je dirais. Et parce qu’il jouit aussi du soutien inconditionnel de la part de la Russie et de la Chine.

La suite sur le site de RFI : cliquez ici pour la suite de l’article

Condamnation historique de Hissène Habré le dictateur tchadien

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LES TYRANS PEUVENT RÉPONDRE DE LEURS CRIMES ! BECHIR, LE PRÉSIDENT SOUDANAIS SERA-T’IL LE PROCHAIN ?

L’ex-dictateur tchadien a été reconnu coupable de viol, crimes de guerre, torture et crimes contre l’humanité

(Dakar) – La condamnation de Hissène Habré, l’ancien président du Tchad, pour de graves crimes internationaux, est l’aboutissement d’une campagne de plusieurs décennies menée par les victimes, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Hissène Habré a été reconnu coupable de torture, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et notamment d’avoir lui-même violé une femme, par les Chambres africaines extraordinaires et condamné à la réclusion à perpétuité le 30 mai 2016.

« C’est une immense victoire pour les victimes de Hissène Habré qui ont lutté sans relâche depuis 25 ans pour le traduire en justice», a déclaré Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch qui travaille auprès des victimes depuis 1999. « Cette condamnation envoie un signal d’alarme aux tyrans leur rappelant que s’ils commettent des atrocités, ils ne seront jamais hors de portée de leurs victimes ».

Le procès de Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, a commencé le 20 juillet 2015. Habré, qui n’a jamais reconnu l’autorité des Chambres, a gardé le silence tout au long du procès.

Un résumé de la décision a été lue en audience par le Président de la Chambre, le juge burkinabé Gberdao Gustave Kam, qui était entouré de deux juges sénégalais. Le Procureur avait requis une peine de réclusion à perpétuité.

La décision finale écrite sera prochainement publiée. Human Rights Watch a préparé un résumé non officiel à partir des notes prises lors du verdict.

La suite sur le site de Human Rights Watch : lire la suite de l’article

 

Réponse de la Présidence de la République au Collectif Urgence Darfour

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Le Chef de Cabinet du Président de la République répond au Collectif Urgence Darfour le 18 avril 2016, sur la situation humanitaire au Darfour.reponse-1reponse-2