70 jours au Soudan : le récit glaçant d’un journaliste

70 jours au Soudan : le récit glaçant d’un journaliste britannique emprisonné et torturé dans le Darfour

Enchaîné en plein soleil, frappé, électrocuté : dans un rare témoignage publié par le journal britannique The Guardian, le journaliste Phil Cox revient sur son enlèvement au Soudan et son incarcération à la prison de Kobar. En décembre dernier, lui et son interprète Daoud Hari avaient été arrêtés alors qu’ils entamaient une enquête sur de présumées attaques à l’arme chimique dans le Darfour. Libérés en février dernier, les conditions de leur détention n’avaient pas été détaillées jusqu’alors.

Les forces de sécurité soudanaises ont-elles fait usage d’armes chimiques contre des civils ? C’est pour enquêter sur cette hypothèse, avancée par Amnesty International, que Phil Cox, un journaliste travaillant pour la chaîne britannique Channel 4, et son collaborateur Daoud Hari ont pris la route, en décembre dernier, du Darfour. Une région inaccessible aux journalistes depuis plusieurs années.

Le Français enlevé au Tchad serait au Soudan

Un Français a été enlevé dans l’est du Tchad, a-t-on appris jeudi du Quai d’Orsay. D’après un ministre tchadien, il serait désormais au Soudan voisin.

Un Français a été enlevé au Tchad, a-t-on appris ce jeudi par le Quai d’Orsay. « Nous sommes mobilisés avec les autorités tchadiennes pour parvenir à la libération de notre compatriote », expliquait le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Son identité n’a pas encore été révélée mais d’après Ahmat Mahamat Bachir, ministre tchadien de la Sécurité, il travaillait pour une compagnie minière. Selon la même source, il aurait « été enleé dans une localité située à 50 kilomètres de Goz Beida », petite ville de l’est du Tchad proche du Soudan où il aurait été emmené. De source militaire tchadienne, le Français a été enlevé tôt le matin par des hommes venus en pick-up et à moto, sans qu’il y ait pour l’instant de piste claire sur les ravisseurs.

Le dernier enlèvement d’un Français au Tchad remonte à 2009

Ce kidnapping n’est pas sans rappeler le dernier enlèvement d’un Français dans le pays. Le 9 novembre 2009. Laurent Meurice, agronome du CICR, comité international de la Croix-Rouge, avait passé 89 jours en détention après avoir été kidnappé dans l’est du Tchad par les « Aigles de libération de l’Afrique », un groupe soudanais du Darfour, région particulièrement instable.

Le Tchad est l’un des principaux alliés de la France en Afrique, accueillant notamment à N’Djamena le QG de la force antiterroriste « Barkhane », qui mène avec 4.000 hommes des opérations dans cinq pays du Sahel : Mauritanie, Mali, Niger, Tchad et Burkina Faso.

Par le passé, une autre prise d’otage dans ce pays avait marqué l’opinion publique. Le 21 avril 1974, François Claustre, archéologue et ethnologue, était enlevée dans le pays par des rebelles de tribus nomades pour rester en détention plus de mille jours avant l’intervention de Jacques Chirac, alors Premier ministre, auprès de Mouammar Kadhafi.

Il pourrait s’agir du deuxième Français actuellement retenu en otage. Sophie Pétronin, une sexagénaire qui dirigeait une association d’aide à l’enfance, a été enlevée à Gao au Nord-Mali le 24 décembre 2016, un kidnapping qui n’a jusqu’à présent pas été revendiqué.

Source: leJDD.fr

Pétition : Stop aux armes chimiques sur les populations du Darfour

Suite à la publication d’un rapport par Amnesty international sur l’utilisation d’armes chimiques au Darfour depuis janvier 2016, nous avons lancé une pétition sur change.org demandant au haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme une Commission d’enquête et l’accès des organisations humanitaires sur site.
Pour soutenir la mobilisation, c’est très simple :
– Signer la pétition sur le site change.org
– Diffuser le lien à votre réseau
Ci-dessous le texte de la pétition en anglais, en arabe et en français
TEXT IN ENGLISH
Letter to United Nations High Commissioner for Human Rights

His Excellency Prince Zeid Ra’ad Al Hussein,
United Nations High Commissioner for Human Rights

A documented report of Amnesty International informs the bombing of chemical weapons by the Sudanese air force on the civilian population of Darfur.

The images are unbearable, the testimonies of witnesses and survivors leave no doubtare to the scale of the crime. They all come from the region of Jebel Marra, a relentlessly attacked area by the Sudanese army and its militias since January 2016.

Your Excellency, as you know, 250,000 people have been forcibly displaced from their villages, thousands were killed or wounded. There are no more journalists or humanitarian actors in this region because the Khartoum authorities prohibit access.

This is a new crime from a state that has tortured its people for years. We recall that Sudanese President Omar al-Bashir is the subject of an international warrant for genocide, his defense ministerand and other regime leaders are prosecuted for crimes against humanity. All these crimes investigated by the International Criminal Court were about the situation in Darfur. The international community cannot tolerate an escalation into barbarism against civilians.

Therefore, we urge you:

– To submit the matter for the urgent consideration of the Council of Human Rights
– To mobilize your means to grant independent experts unfettered access to Jebel Marra
– To do everything to enable the humanitarian organizations to go and work there.

Confident that you understand the imperative of our call, we pray you accept the expression of our highest consideration.

Sign the petition here

TEXTE EN ARABE
رسالة إلى مفوضة الأمم المتحدة السامية لحقوق الإنسان

الي معالي الامير زايد بن
عد الحسين ر
عد الحسين المفوضة السامية لحقوق الانسان بالامم المتحدة

تقرير موثق لمنظمة العفو الدولية التي صدرت في ٢٩ سمتمر ٢٠١٦ تفجير اسلحة كيماوية من سلاح الجو السوداني علي السكان المدنيين في دارفو.

الصور لا تطاق،وشهادات الشهود والناجين كل ذلك ياتي في منطقة جبل مره، وهي اقليم هجوم باستمرار من قبل الحكومة السودانية ومليشياتها منذ يناير ٢٠١٦.

فخامة الرييس،كما تعلمون نزح ٠٠٠ ٢٥٠ شخص قسرا من قراهم ،الالاف منهم قتلو وجرح اخرين،لاتوجد صحفيين ولا الانسانيين في هذة الاقليم لان الحكومة الخرطوم تعمل حظر للوصول اليها
هذه جريمة جديدة ترتكبها الدولة السودانية التي عرفت بتعذيب شعبها
يذكر ان الرئيس السوداني عمرالبشير قد صدرمن حقه مذكرة توقيف دولي بتهمة الابادة الجماعية، ووزير دفاعه وقادة اخرين لارتكابهم جرائم ضد الانسانية.كل هذه الجرائم المبلغ عنها من قبل المحكمة الجنائية الدولية بشان دارفور.
لايمكن للمجتمع الدولي ان تبقي صامتا في وجه ضربة جديدة من قبل الحكومة السودانية ضد شعب دارفور
وقالت انها لا يمكن ان يتسامح مع الخطوة القذرة التي اتخذت في الهمجية في استخدام الاسلحة الكيماوية ضد المدنيين

لذلك فاننا نحثكم

ـ تدخل الطارئ لمجلس حقوق الانسان
ـ تعبئة الوسائل لتسمح لوصول خبراء مستقلين الي جبل مرة .
ـ بذل كل جهد ممكن لتمكين المنظمات الانسانية لزيارة الموقع.

البعض منكم فهم حتميية هذا المنهج ،تفضلو بقبول التعبير عن اسمي ايات التقدير.

TEXTE EN FRANCAIS
Lettre au Haut-Commissaire des droits de l’homme à l’ONU

A son Excellence le Prince Zeid Ra’ad Al Hussein,
Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU

Un rapport documenté d’Amnesty International fait part de bombardements d’armes chimiques de l’aviation soudanaise sur les populations civiles du Darfour.

Les images sont insoutenables, les témoignages des témoins et des rescapés sont accablants. Tous proviennent de la région du Jebel Marra, une région attaquée sans relâche par l’armée soudanaise et ses milices depuis janvier 2016.

Votre Excellence comme vous le savez, 250 000 personnes ont été déplacées de force de leurs villages, des milliers d’autres ont été tuées ou blessées. Il n’y a plus de journalistes ni d’humanitaires dans cette région car les autorités de Khartoum en interdisent l’accès.

Il s’agit d’un nouveau crime commis par l’Etat soudanais qui martyrise ses populations depuis des années. Rappelons que le Président soudanais Omar el Béchir fait l’objet d’un mandat international pour crime génocide et que son Ministre de la Défense ainsi que d’autres dirigeants sont poursuivis pour crimes contre l’humanité. Tous ces crimes notifiés par la Cour Pénale Internationale concernent le Darfour. La Communauté internationale ne peut rester silencieuse face au nouveau coup porté par le gouvernement soudanais contre les populations du Darfour. Elle ne peut tolérer l’immonde étape franchie dans la barbarie que constitue l’utilisation d’armes chimiques contre des civils.

C’est pourquoi, nous vous demandons instamment :
– de saisir d’urgence le Conseil des droits de l’Homme ;
– de mobiliser vos moyens afin de permettre l’accès du Jebel Marra à une commission d’experts indépendants ;
– de tout faire pour permettre que les organisations humanitaires puissent aller sur site.

Certains que vous comprenez la nécessité impérieuse de cette démarche, nous vous prions de recevoir l’expression de notre haute considération.

Quai d’Orsay sur les armes chimiques au Darfour

30/9/2016
La réaction du Quai d’Orsay,
suite à la publication du rapport d’Amnesty International
sur l’utilisation d’armes chimiques contre les populations civiles du Darfour :
Nous avons pris connaissance avec préoccupation du rapport d’Amnesty International, qui dénonce des attaques chimiques au Soudan, dans la région en guerre du Darfour.
Ce rapport porte des accusations très graves que nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer à ce stade. L’emploi, la mise au point, la fabrication et le stockage d’armes chimiques sont interdits par la convention pour l’interdiction des armes chimiques, qui a été ratifiée par 192 Etats, dont le Soudan.
La France appuiera toute initiative visant à faire la lumière sur ces possibles attaques chimiques au Darfour.
La France soutient la présence de la MINUAD au Soudan et attend les informations qu’elle pourra transmettre.

Q&R – Extrait du point de presse du 30 septembre 2016

Q – Quand vous parlez d’appuyer toute initiative, y a-t-il des projets en cours, une investigation de l’OIAC ?

R – Ce rapport interpelle la communauté internationale sur de possibles emplois d’armes chimiques au Soudan. La communauté internationale et les instances internationales compétentes doivent s’en saisir pour examiner la gravité de ces faits et leur réalité.

Q – Avez-vous une idée concernant la validité des affirmations du rapport ?

R – Il s’agit d’un rapport d’une organisation non-gouvernementale, crédible et sérieuse. Nous pensons que la communauté internationale doit le regarder de près et enquêter pour vérifier si ces informations sont réelles ou non.

DARFOUR : LES ARMES CHIMIQUES CONTRE LES POPULATIONS

Amnesty International après avoir interviewé des rescapés, interrogé des témoins, visionner des images est arrivée à la conclusion que le Soudan utilisait des bombes chimiques sur les populations du Darfour.

 

L’ampleur et la brutalité de ces attaques est difficile à mettre en mots. Les images et les vidéos que nous avons vues au cours de notre recherche sont vraiment choquantes ; sur l’une d’entre elles on voit un jeune enfant hurler de douleur avant de mourir ; de nombreuses photos montrent de jeunes enfants couverts par des lésions et des cloques.Certains étaient incapables de respirer et de vomissements de sang ,

a déclaré Tirana Hassan, directeur d’Amnesty International Crisis Research.

Les bombardements se sont concentrés sur le Jebel Marra un massif montagneux, aux mains des rebelles du SLA, que l’armée soudanaise n’arrive pas à conquérir. Cependant, selon le rapport d’Amnesty, les armes chimiques ont été utilisées le plus souvent sur des villages où il n’y avait pas de présence de rebelles.
L’ONU a enregistré plus de 250 000 personnes déplacées depuis le début de l’assaut en janvier 2016 sur cette région. Des centaines ont été tuées et beaucoup ont été blessées.
Au Jebel Marra ni journalistes ni humanitaires. Un crime qui se voulait parfait…
Il s’agit d’une nouvelle escalade dans l’horreur. Rappelons que le président soudanais, son ministre de la Défense et d’autres dirigeants sont poursuivis par la Cour Pénale internationale pour crimes contre l’humanité commis sous leurs ordres au Darfour.

Voir le rapport:
https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr%2F0a185bd2-d74a-4894-bd13-87ef3dc9c1c1_afr_54_4877_2016_ext_fra.pdf